Elle sortit de sa chambre en dévalant les escaliers et se dirigea vers la cuisine.
Miharu restait silencieuse. Toute son attention était concentrée sur sa tambouille...
Elle aimait cuisiner, c'était un passe temps qui lui vidait l'esprit.
Surtout que, il était déjà assez tard et que les jumeaux allaient avoir faim. Elle les connaissait bien sur ce point là. Elle cuisinait mais son esprit était occupé. Elle ne cessait de remuer la purée qu'elle venait de préparer sans s'arrêter. Elle avait la tête baissée, le regard vidé.
Elle pensait encore à cette voix dans les vestiaires. Les mains baladeuses sur son corps. Cela lui revenait en mémoire. Ce triste jour...
« - Miharu ? »
Sous l'effet de la peur, Miha fit tomber le plat de purée. Des éclats de verre tombèrent sur le sol. Elle ne savait plus où donner de la tête. Sa s½ur se précipita vers elle pour l'aider. Elles se mirent toutes les deux, accroupis et nettoyèrent :
« - Désolé..., dit Miharu en continuant de ramasser les dégâts
- Hein ? Répondit-elle, interloquée
- Vous aviez faim....Je...Je voulais préparer quelque chose de bon. J'ai fait tout rater.
- Ce n'est pas grave, Miharu. »
Elle releva la tête. Miha en avait assez que Yumi lui dise que tout ce qu'elle faisait soit sans importance, « c'est pas grave ». Comme si ce qu'elle entreprenait, n'avait pas d'impact sur elle et sur son frère. Yumi la regardait à son tour. Miha se leva en détournant le regard.
« - Je...Je vais chercher le balai.
- Miha...
« Dring ! Dring ! Dring ! »
Les deux filles se demandaient qui pourrait venir sonner à cette heure-ci. Miharu pris les devants :
« - Je vais voir ! »
Elle ouvra la porte et une bonne femme apparut. Elle devait être âgée d'à peu prés trente ans et avait l'air gentille avec son sourire aux lèvres.
« - Je m'excuse de venir vous déranger mais je suis venue vous apporter vos uniformes pour demain.
- Nos uniformes ?
- Evidemment, vous n'allez pas allez tout nu au lycée ! Puis-je entrer ?
- Euh oui... » Laissa passer Miha
Elle referma la porte et s'installa près de sa s½ur. Kyoshi dévala rapidement les escaliers et arriva dans le salon.
« - Alors qui était-ce ?
- Bonjour ! Je viens vous apporter vos uniformes et vos emplois du temps. Généralement, les élèves se déplacent par eux même, mais dans votre cas, comme vous n'êtes pas d'ici...
- C'est vrai que nous ne connaissons rien des traditions, Dit Miharu.
- C'est pour cela que je suis là ! »Trancha sévèrement la femme.
La jeune fille baissa piteusement la tête...
« - Je vous pris de ne pas agressez ma s½ur, Madame. Dit froidement Yumi.
- Hum ! Bien voici vos uniformes. »
Elle déposa un carton blanc sur la table en verre du salon et l'ouvrit. Il y avait pour les filles, deux beaux uniformes ; composés d'une jupette bleue marine, d'une chemise blanche suivirent d'une petite laine grise qu'il fallait mettre au-dessus ainsi que des chaussette grande noires. Pour Kyoshi, c'était un simple costume standard, bleu marin lui aussi mais avec une chemise blanche.
- Wouahou ! S'exclama Kyoshi.
- Ils sont beau n'est-ce pas ? Sourit pour la première fois notre invitée.
- Magnifiques ! Miharu, Yumi, vous allez êtres canon ! Ria t-il.
- Et voici vos emplois du temps. »
Elle tendit aux trois futurs lycéens un carton où les cours étaient affichés.
- Ca fait peur tout ces cours, dit Miharu.
- Ne vous inquiétez pas, tout se passera bien. Maintenant, il vous faut apprendre certaines règles.
- Quoi donc ? Demanda Yumi.
- Premièrement, vous ne parlez pas très bien le japonais, évitez les fautes au maximum. Un seul mot, un seul caractère peut se transformer en injure. Respectez vos aînés ! Levez-vous quand un professeur arrive et faites vous vous-même à manger ! C'est un rythme très dur. Je sais.
- Je pense qu'on réussira à vite s'adapter. Après tout...Bien qu'on ait vécu en France, on est des japonais ! S'exclama Kyoshi, tout fière
- Ce n'est pas ce que tu disais quand on était en France, coupa Miha, sans le regarder
- On fera de notre mieux ! Sourit Yumi
- J'ai pensais qu'il vous faudrait un professeur particulier pour étudier tout ce qui concerne le Japon. Que ce soit la culture, la langue, les traditions... »